L'ajout d'un antidiabétique au traitement de référence actuel permettrait de venir à bout des cellules cachées, responsables des rechutes.
Hasard du calendrier, deux études majeures concernant deux types différents de cancer du sang – la leucémie lymphoïde chronique
et la leucémie myéloïde chronique – sont publiées aujourd'hui dans deux
grands journaux scientifiques. Pour cette dernière, qui touche 600
nouveaux patients par an en France,
c'est l'ajout d'un médicament contre le diabète qui suscite l'espoir
d'une guérison définitive. La découverte, réalisée par une équipe
française, est détaillée dans la revue Nature.
Les patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) reçoivent, depuis une quinzaine d'années, un traitement ciblé à base de Glivec ou d'autres produits ayant une action similaire. Cela a permis d'augmenter très nettement le taux de survie de ce cancer. Mais un patient sur dix, seulement, peut interrompre ce traitement, la maladie étant devenue indétectable dans son sang. Les autres continuent à prendre des médicaments certes salvateurs, mais à l'origine d'effets secondaires gênants (œdème, crampes, troubles digestifs au quotidien), pour empêcher les cellules souches cancéreuses tapies dans leur organisme de provoquer des rechutes.
Pour arriver à ce résultat, le Dr Stéphane Prost, chercheur à l'iMETI, s'est inspiré de travaux menés contre le virus du sida. Les chercheurs du CEA ont montré qu'une protéine spécifique du VIH activait un récepteur dans les cellules souches sanguines, entraînant la baisse d'expression d'une protéine essentielle à leur viabilité. C'est la raison pour laquelle le virus du sida, qui a pour seule cible les lymphocytes, affecte aussi la production d'autres cellules sanguines. Ils ont aussi trouvé qu'un antidiabétique mimait cette action.
"Nous avons voulu voir si ce mécanisme, qui est délétère dans le sida, pouvait être utilisé comme un frein dans la leucémie", a expliqué le Dr Prost à la presse. Après des travaux en laboratoire, les chercheurs ont étudié l'action de l'Actos chez des diabétiques atteints de LMC, avant de traiter des personnes souffrant de leucémie mais pas de diabète. Il faut souligner que la réalisation de l'essai a été affectée par le retrait du marché de ce médicament en 2011 en France, en raison d'un faible surrisque de cancer de la vessie en cas de longue exposition (alors que le médicament est toujours autorisé par les Agences européenne et américaine du médicament).
"Nous apportons une preuve du concept pour aller vers une éradication de la leucémie myéloïde chronique en attaquant les cellules souches cachées responsables des rechutes, et cela ouvre un espoir pour d'autres leucémies et les tumeurs solides", s'est félicité le Pr Philippe Leboulch, directeur de l'iMETI. Les chercheurs sont d'autant plus optimistes que les trois premiers patients traités sont toujours en rémission complète au bout de cinq ans.
Les patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) reçoivent, depuis une quinzaine d'années, un traitement ciblé à base de Glivec ou d'autres produits ayant une action similaire. Cela a permis d'augmenter très nettement le taux de survie de ce cancer. Mais un patient sur dix, seulement, peut interrompre ce traitement, la maladie étant devenue indétectable dans son sang. Les autres continuent à prendre des médicaments certes salvateurs, mais à l'origine d'effets secondaires gênants (œdème, crampes, troubles digestifs au quotidien), pour empêcher les cellules souches cancéreuses tapies dans leur organisme de provoquer des rechutes.
L'action délétère du virus du sida
Or les travaux de chercheurs de l'Institut des maladies émergentes et des thérapies innovantes (iMETI-CEA/université Paris-Sud) de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), en collaboration avec le service d'hématologie et d'oncologie de l'hôpital Mignot de Versailles, montrent que ce réservoir de cellules souches peut être progressivement vidé par l'ajout d'un antidiabétique bien connu (Actos).Pour arriver à ce résultat, le Dr Stéphane Prost, chercheur à l'iMETI, s'est inspiré de travaux menés contre le virus du sida. Les chercheurs du CEA ont montré qu'une protéine spécifique du VIH activait un récepteur dans les cellules souches sanguines, entraînant la baisse d'expression d'une protéine essentielle à leur viabilité. C'est la raison pour laquelle le virus du sida, qui a pour seule cible les lymphocytes, affecte aussi la production d'autres cellules sanguines. Ils ont aussi trouvé qu'un antidiabétique mimait cette action.
"Nous avons voulu voir si ce mécanisme, qui est délétère dans le sida, pouvait être utilisé comme un frein dans la leucémie", a expliqué le Dr Prost à la presse. Après des travaux en laboratoire, les chercheurs ont étudié l'action de l'Actos chez des diabétiques atteints de LMC, avant de traiter des personnes souffrant de leucémie mais pas de diabète. Il faut souligner que la réalisation de l'essai a été affectée par le retrait du marché de ce médicament en 2011 en France, en raison d'un faible surrisque de cancer de la vessie en cas de longue exposition (alors que le médicament est toujours autorisé par les Agences européenne et américaine du médicament).
Un espoir pour d'autres leucémies
Certains patients n'ont donc pas reçu l'antidiabétique pendant 12 mois (cela va de 1 mois à 18 mois avec une moyenne à 9 mois et une médiane de 10-11 mois). Néanmoins, les effets sont positifs : au bout d'un an de suivi, 57 % des patients sous double traitement étaient en rémission complète, contre 27 % avec le seul anticancéreux, "soit un bénéfice de l'ordre de 30 %", a indiqué le Pr Philippe Rousselot, de l'hôpital André-Mignot de Versailles. Qui plus est, ce traitement a été bien toléré."Nous apportons une preuve du concept pour aller vers une éradication de la leucémie myéloïde chronique en attaquant les cellules souches cachées responsables des rechutes, et cela ouvre un espoir pour d'autres leucémies et les tumeurs solides", s'est félicité le Pr Philippe Leboulch, directeur de l'iMETI. Les chercheurs sont d'autant plus optimistes que les trois premiers patients traités sont toujours en rémission complète au bout de cinq ans.

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